Introduction

Introduction
Ciao cari Juventini...

A la différence des autres blogs consacrés a la Juventus , le but de celui-ci ne consistera pas a évoquer les news du club qu'on peut trouver sur n'importe quel site mais je m'y occuperais plutôt de retracer le passé bianconero par l'intermédiaire des grandes personnalités qui ont bâti l'histoire de la Juventus qu'on connait tous aujourd'hui avec amour et ingéniosité , que ca soit des joueurs qui n'ont pas été avares de leur efforts pour le club afin de le placer très haut dans le football mondial, des joueurs qui auront fait rêver des générations et même les plus jeunes qui n'ont jamais pu les voir a l'½uvre et déguster leur fantaisie sans oublier les gloires toujours présentes au club et qui pérpétuent la tradition des grands joueurs a la Juventus ou encore les hommes qui ont été très liés a la Juventus pendant de longues décennies aidant le club autant financièrement que moralement a remporter l'estime de tous et contre tous ...

Ceci en revivant a chaque fois des moments historiques de l'histoire de la Juventus qui restera témoin de grands moments de gloires mais aussi de déceptions amers ...

Sachez que mon but est uniquement de rendre hommage a tout ces hommes et de les garder dans les mémoires de tous même si l'histoire ne s'efface jamais et ne s'effacera non plus jamais ...

J'espère que l'idée vous a plu...

Si vous voulez me contacter : juventino07@hotmail.fr

Autre site : www.juventus.superforum.fr
# Posté le mardi 03 juillet 2007 10:23
Modifié le jeudi 05 juillet 2007 14:16

La fondation et les fondateurs de la Juventus

La fondation et les fondateurs de la Juventus
En 1896, un groupe d'étudiants du Ginnasio Massimo D'Azeglio avait l'habitude dès que les cours de laprès midi étaient finies d'aller au "Duca de Genova" , ils déposaient leur livres sur un banc et se dédiaient au jeu de la "barre". Naturellement ce jeu developpa au plus grand degre leur maitrise du pied au détriment de ces bons classiques latins et grecs qui étaient posés sur le banc.
En meme temps , le cyclisme prenait vogue , et les cyclistes se firent vite nombreux, certes il étaient plus nomreux que les bicyclettes qui alors coutaient très cher. Le Football s'insinua plus tard , on avait deja vu des étrangers habitant Turin le pratiquer au début a la patinoire de "Valentino" puis a "Piazza D'Armi" , ces étrangers avaient fondé un club du nom de "FC Internazionale" changé ensuite en "FC Torinese" . Avec tant d'initiatives , une nouvelle société prit forme en 1897 ...

Comme cela commencerent les vraies origines de la "Juventus". Des origines plutot obscures a cause des ténèbres qui régnaient dans l'atelier des Frères Canfari au "Roi Umberto 42" ou se tint la premiere réunion constitutive, qui pour etre constitutive porta vite a la désunion. Devant une contribution proposée et approuvée, d'une lire par mois, pas mal d'associés se retirèrent (...) comment faire , entre le loyer, les propriétés locales, les brouillons dépensés, et les imprévus? Les ballons seuls coûtaient 20 lires pièce (...) avec l'été , la crise augmenta , les associés étaient frappés d'amnésie, pour ne pas payer leur part de cotisation ...

Les présents ne dépassaient pas la quinzaine en tout , le plus vieux avait dix-sept ans .
Ce qui constitue aujourdhui la dernière pensée d'un club consituait pour nos jeunes un réel cauchemard : Avoir un siège ... , les Canfari s'en chargèrent ...

La chance voulut que les Canfari trouvent la demande et ils communiquèrent en Assemblée d'avoir trouvé un local de quatre chambres, une cour, un abat-vent, un grenier, et pourvu en plus d'eau potable. À l'annonce s'en suivit une joie folle qui emporta les outils de l'atelier et avec eux le coffre-fort célèbre,le seul a rester muet dans tout ce vacarme. Le fonctionnement de l'affaire débuta ainsi et les pages les plus belles de cette récolte concernèrent la proposition du nom ou raison sociale. les propositions étaient de tout genres , "Iris Club", "Sociétés Massimo d'Azeglio", "Sociétés Omnisports Auguste Taurinorum", etc , sans compter les doubles dénominations habituelles , comme "Forza e Salute", "Vigor e Robur" qui sont maintenant utilisés pour les pillules reconstituantes ... puis vint la séance décisive enfin: grande bataille ! D'une part les latinophobes, de l'autre les "classicheggianti",et en minorité les démocrates. À l'honneur du vote , ils avancèrent trois noms: "Société Via Fort", "Societa Sportiva Massimo d'Azeglio" et "Sport Club Juventus."
Pour ce dernier peu sympathisaient, raison pour laquelle il réussit à s'imposer, et la société fut baptisée ainsi "SPORT CLUB JUVENTUS." .

La date précise de la fondation de la Juventus, n'a donc pas été transmise.
"Si l'histoire des origines lointaines et modestes, avec les noms des pionniers et avec les résultats des premieres parties disputées reste un peu vague, nous ne le regrettons pas du tout parceque c'est vraiment dans l'incertitude que se construisent les légendes les plus passionnantes." disit un des fondateurs .

Ce que nous savons avec sûreté , c'est que les protagonistes lointains furent en même temps les fondateurs, les associés, les techniciens et les joueurs de l'équipe. Ils disputèrent les premiers matchs devant les gradins de la Citadella entre place Solferino et Porta Susa, en mettant une chemise blanche sur les pantalons "de golf."

Le premier président élu fut Eugenio Canfari ...

Les fondateurs de la Juve :

Armano Alfredo
Armano Gioacchino
Canfari Enrico
Canfari Eugenio
Daprà Francesco
Favale Carlo
Ferrero Carlo
Forlano Luigi
Gibezzi Luigi
Malvano Umberto
Molinatti Enrico Piero
Savoia Umberto
Varetti Vittorio


# Posté le mardi 03 juillet 2007 13:42
Modifié le mercredi 04 juillet 2007 23:31

Les frères Canfari

Les frères Canfari
Eugenio Canfari, Enrico Canfari: la première Juventus est lié aux noms des ses deux premiers présidents, convertis au Calcio qui était en train de naître des jeunes étudiants enthousiastes du "Massimo d'Azeglio" qui, sur le banc mythique, avaient posé les bases de l'équipe bianconera. Les deux Canfari aimaient la gymnastique et le cyclisme ( le père était le propriétaire d'un magasin-atelier de vente et réparation de bicyclettes corso Roi Umberto 42 à cent mètres du "Massimo d'Azeglio" ) mais ils se passionèrent bientôt au "football".

En 1897, leur boutique devient le premier siège de la néo-Juventus, Eugenio assume la présidence et son premier acte comme président provoqua un tremblement de terre véritable: sa demande d'une lire, qu'il taxa, ceci provoqua quelques départs. Quelque temps après , la boutique devenue trop sérrée , il dut débourser six lires pour la location de quatres chambres et un service que quelqu'un appela alors "un peu plus qu'une étable".

Enrico Piero Molinatti fut élu secrétaire ; c'était lui qui devait signer les cartes, tenir la modeste caisse , pourvoir à l'acquisition du premier ballon déniché dans un petit magasin de rue Barbaroux, dans le coeur de la ville, où un certain Jordan vendait étoffes et vêtements "Principe di Galles".

La présidence d'Eugenio Canfari dura un an: la remise de la présidence au frère Enrico fut indolore, une succession simple entre deux gens qui avaient toujours travaillé, soit pour le magasin, soit pour la société bianconera, cote a cote. Enrico resta pour trois ans a la présidence de la Juventus, mais il ne s'éloigna pas de sa première passion, aussi après avoir laissé la charge. Il est décrit, dans les chroniques décharnées de l'époque comme un président gai, "goliardico", amant de la plaisanterie. Il devait mourir en héros, capitaine de l'infanterie dans la guerre de 1915-18.

Phrases mythiques:

Eugenio Canfari : "Chi indossa la nostra divisa, le rimarrà fedele malgrado tutto e la terrà come prezioso ricordo".

Enrico Canfari : "L'anima juventina è un complesso modo di sentire, un impasto di sentimenti, di educazione, di bohemien, di allegria e di affetto, di fede alla nostra volontà di esistere e continuamente migliorare."

( Photo : Enrico Canfari )
# Posté le mardi 03 juillet 2007 22:54
Modifié le mercredi 04 juillet 2007 23:32

La famille Agnelli

La famille Agnelli

Peut-on parler de la Juventus et de son histoire sans pour autant évoquer la famille bienveillante qui a fait de la Juve ce qu'elle est aujourdhui , la famille qui a l'instar des frères Canfari a pris le soin de protégér la Juve et de lui fournir tout ce dont elle avait besoin pour atteindre les sommets et devenir le plus grand club Italien de tout les temps écrasant la rivalité en Italie comme l'a faite la société FIAT pendant un certain temps , cette famille n'est autre que celle des Agnelli ...

La dynastie Agnelli

C'est à la hussarde, sans s'encombrer de scrupules, que Giovanni Agnelli, ancien officier de cavalerie, bâtit l'empire Fiat au début du siècle. Dans les années 60, il passe la main à son petit-fils, Gianni, un playboy élégant et désinvolte. Mais sitôt maître de l'entreprise, le noceur se mue en patron redoutable et anticonformiste ...

"Mon grand-père n'était à son époque ni le plus riche, ni le plus compétent en affaires pour donner naissance à Fiat. Il a seulement eu l'intuition de l'automobile au niveau des masses," confiait Gianni Agnelli à un journaliste de La Stampa. Visionnaire et organisateur hors pair, Giovanni Agnelli est devenu, en quelques années, le plus riche et le plus gros industriel d'Italie.

Grand et solidement charpenté, cet ancien officier de cavalerie habitué à parler fort se taille un véritable empire sans, il est vrai, s'embarrasser de scrupules. Un grand capitaine d'industrie... avec des méthodes de corsaire ! Touchant bientôt aux domaines les plus divers, de l'automobile à l'aviation en passant par la chimie, la sidérurgie, la presse et même le tourisme, Fiat s'érige en véritable institution. C'est un état dans l'Etat, et même pendant les premières heures de la dictature fasciste, tout le monde sait que c'est Giovanni Agnelli qui commande à Turin. L'homme est fort et il vaut mieux s'en faire un allié.

Agnelli se laisse courtiser, mais ne fait pas de courbettes. Nommé sénateur à vie, il ne supporte les contraintes étouffantes du régime que pour mieux servir les intérêts de Fiat ou de sa fortune. Il mène sa partie de "donnant-donnant" avec le régime totalitaire avec arrogance et un âpre réalisme. A 60 ans, Giovanni Agnelli a bâti une immense fortune. Il est dans la force de l'âge, mais c'est un homme seul qui a perdu ses deux enfants.

Après le décès de sa fille Aniceta, en 1928, la famille est touchée par un autre drame, sept ans plus tard. Edoardo, le fils aîné du sénateur, disparaît dans un accident d'hydravion. S'accommodant bien, en apparence, d'un père écrasant, goûtant les avantages de la fortune, Edoardo attendait son heure sans inquiétude et sans hâte.

Gianni, dauphin de l'empire à 14 ans

Son accession à la succession de son père ne coulait pourtant pas de source. En effet, Vittorio Valetta, un gestionnaire aussi habile qu'autoritaire, avait été nommé dès 1928 directeur général du groupe. Pendant vingt ans, il sera un régent intraitable mais d'une loyauté absolue. Se considérant longtemps comme le meilleur remplaçant possible du défunt, il ne fera rien pour faciliter l'accession au pouvoir de Gianni, le petit-fils de Giovanni, devenu à quatorze ans l'héritier de l'empire.

Adolescent à l'âme rebelle, farceur et élève plus insolent que studieux, Gianni n'est d'ailleurs ni prêt, ni préparé à la succession. Son grand-père va devoir reprendre en main son éducation. Un arrêt de justice fait de lui le tuteur légal de Gianni et de ses six frères et s½urs. Leur mère, Virginia, est née princesse Bourbon del Monte. Libertine et mondaine, le symbole même aux yeux du sénateur de l'aristocratie romaine oisive et décadente, elle est évincée sans plus de manières.

Des années pénibles de procès, de rébellions des petits-enfants unis dans le refus d'obéissance, vont suivre avant de déboucher enfin sur une réconciliation. Gianni, alors âgé de seize ans, en est le principal artisan. Il tient le langage de la raison qui apaise le grand-père sur l'essentiel. Turbulent et insoumis, il vient de lui prouver sa maturité ; désormais, des relations d'homme à homme s'instaurent entre eux. Deux ans plus tard, elles seront tout à fait complices lorsque Giovanni lui dira sur le ton de la confidence : "Profite un peu de la vie. Quand tu te sentiras prêt, alors tu viendras aux affaires."

Gianni n'a aucunement besoin de conseils en la matière. Il est le chef de la tribu et avec sa joyeuse bande, il mène une vie dorée hors de toutes les conventions pesantes de l'époque. Mais jamais il ne perd de vue son origine. "Rappelez-vous toujours que vous vous appelez Agnelli," lui répétait sa gouvernante anglaise. Il ne l'a pas oublié. En toutes circonstances, il saura tenir son rang et faire face. Élève officier de cavalerie, il refuse la "planque" que lui offre l'état-major pendant la seconde guerre mondiale et part sur le front russe avec son régiment de chars, avant de se faire muter en Lybie. Précédant la chute des régimes totalitaires, il finira par rejoindre les rangs des Alliés lors de la libération de l'Italie.

Homme d'action plus que de convictions, il revient avec, plus que jamais, un formidable appétit de vivre. Mais en 1945, la fête tourne court sur les ruines. L'heure est davantage à l'épuration sauvage et aux sournois règlements de compte. Dans ce climat insurrectionnel, Giovanni Agnelli et Valetta font de remarquables cibles. Fiat est menacée de collectivisation. Privé du simple droit d'entrer dans ses usines, le sénateur, âgé et malade, ne se relèvera pas de ces épreuves. Il meurt en décembre sans savoir que son ½uvre est sauvée.

Gianni Agnelli reprend l'héritage tel quel. Valetta, en place depuis 1928, est là pour assurer la transition. Avec sagesse, Gianni le laisse faire son temps et prend le pouvoir tardivement, mais en douceur. Après vingt années pendant lesquelles il défraie plus souvent les chroniques des gazettes mondaines que les colonnes des austères journaux économiques !

Il multiplie les conquêtes féminines, cultive la bravoure physique en relevant les défis les plus fous, flambe dans les casinos avec l'élégance innée d'un aristocrate. C'est un hédoniste alliant une vraie simplicité à un complet raffinement, un esthète courant sans cesse après la beauté au point de nier la laideur, un séducteur latin mais désinvolte et capable d'autodérision. Plus élitiste que snob, il saura toujours où finit la frivolité et où commence la puissance. Dans un pays qui vient d'exiler l'ex-famille royale régnante au profit d'une république chaotique, il est devenu un prince. Le sacre ne peut plus attendre davantage.

Une fois président de Fiat, le dilettante s'impose aussitôt une discipline de fer, tout en préservant son anticonformisme. Il conduit ses affaires d'une manière inédite, en se composant un emploi du temps très souple pour ne pas se laisser piéger par une sinistre routine. "Le prix de la puissance, c'est l'ennui, donc je bouge !" Sa mobilité sera légendaire et son activité planétaire. Bureau, sport, escapades en montagne, sorties en Méditerranée à la barre de son voilier, Gianni Agnelli est partout à la fois, pour ses affaires, pour ses amis ou pour soigner son image et celle de Fiat. Vie publique et vie privée s'imbriquent si étroitement que ses collaborateurs diront de lui : "Nous ne savons pas si c'est un homme qui travaille tout le temps ou un homme qui ne travaille jamais."

Qu'importe, le succès est là et pendant dix ans, Fiat va connaître un essor sans précédent. Agnelli est le symbole de l'Italie qui gagne et sa voix se confond avec celle du pays. Il a conquis un droit d'entrée permanent dans l'antichambre des "Grands" de ce monde, à tel point que bientôt, on ne sait plus très bien à Turin si l'on fait des automobiles ou de la politique !

Les illusions perdues

Les années de crise vont fissurer l'empire et apporter un cruel désaveu à la gestion de Gianni Agnelli. Profondément laïque, conservateur mais nullement réactionnaire, il tente d'instaurer de nouveaux rapports sociaux : c'est un échec cuisant. Au début des années soixante-dix, les syndicats traditionnels sont dépassés par leur base. Un climat insurrectionnel s'installe dans les usines, en même temps qu'elles deviennent le centre de tous les trafics orchestrés par la mafia. Fiat affiche bientôt le double record de la plus faible productivité et du plus important absentéisme d'Europe... Les pertes deviennent considérables et l'image du groupe est sérieusement égratignée par la piètre qualité de ses produits.

Pour la première fois, Gianni Agnelli avoue son impuissance. Il n'a plus prise sur les événements et voit sombrer à la fois Fiat et son pays dans le chaos et la violence. En bon marin, il ne quittera pas le navire. Le temps des capitulations est terminé, il faut reprendre l'offensive. Il nomme César Romiti administrateur délégué et lui confie les pleins pouvoirs. Ce dernier ne se contente pas de remettre de l'ordre dans les usines en expulsant les mafieux et les "guérilleros" proches des Brigades Rouges, il installe également de nouvelles chaînes robotisées qui vont spectaculairement augmenter la productivité. L'action de Romiti est un modèle de redressement : en cinq ans, de 1981 à 86, Fiat augmente son chiffre d'affaires de 44 % !

Rassuré sur l'avenir financier de son empire, Gianni Agnelli nomme, comme dauphin, son neveu Giovanni et songe à se retirer. En 1996, le visage toujours cuivré mais gravé de rides, le regard déjà aimanté par le grand large, il déclare simplement à son dernier conseil d'administration : "Je vous confie Fiat".

Paroles de et sur Gianni Agnelli

"Il est plus malin que le diable. Un jour, il les mettra tous dans son sac."
(Giovanni 1 er parlant de son petit-fils Gianni)

"Nous avons détourné les bénéfices de la prospérité en multipliant les biens de consommation et nous avons ignoré les besoins publics des sociétés modernes ."
(Gianni Agnelli, 1975)

"J'avais devant moi cet homme, à peu près de mon âge, beau, bronzé, macho, dynamique, à la tête d'une grande affaire florissante, mais qui en outre sautait en avion de Saint-Moritz à Saint-Tropez avec autour de lui des blondes pour toutes les températures. Fichtre ! C'est donc ça diriger une entreprise familiale d'automobiles..."
(Henri Ford II)

"Il veut toujours faire deux choses à la fois, et si possible à 1 000 km de distance l'une de l'autre ."
(Umberto Agnelli)

"Gianni pourrait vendre un tapis qui n'existe pas ."
(Cristiana Agnelli, sa s½ur).

Les grandes dates

• 1866 : naissance de Giovanni (1 er) Agnelli
• 1899 : fondation à Turin de la F.I.A.T. (Fabbrica Italiana Automobili Torino).
• 1921 : naissance, le 12 mars, de Giovanni (II) "Gianni" Agnelli, petit-fils du fondateur.
• 1935 : décès dans un accident d'hydravion d'Edoardo Agnelli, le père de Gianni.
• 1945 : Giovanni 1 er meurt le 16 décembre, Vittorio Valetta, nommé président de Fiat, assume la "régence".
• 1958 : Fiat prend la contrôle d'Autobianchi.
• 1966 : Gianni Agnelli prend la présidence du groupe.
• 1969 : Fiat prend la contrôle de Lancia et entre pour 50 % dans le capital de Ferrari.
• 1970 : Umberto Agnelli, le frère cadet de Gianni, devient vice-président de Fiat.
• 1979 : création de la société Fiat Auto qui regroupe les marques Fiat, Lancia, Autobianchi, Abarth et Ferrari.
• 1980 : César Romiti est nommé administrateur délégué avec les pleins pouvoirs. Gianni Agnelli demeure le "président emblématique" du groupe.
• 1986 : rachat d'Alfa Romeo.
• 1989 : prise de contrôle de Maserati et d'Innocenti.
• 1996 : Gianni Agnelli quitte la présidence de Fiat. Romiti assure une nouvelle "régence" pendant que Giovanni (III), fils d'Umberto, se prépare au pouvoir.

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# Posté le jeudi 05 juillet 2007 00:11
Modifié le jeudi 05 juillet 2007 12:49

Giovanni Agnelli : L'Avvocato

Giovanni Agnelli : L'Avvocato
Cette histoire est magnifique, une histoire faite d'amour intense et infini. Chaque supporteur bianconero se doit de la connaître, en la mémoire de cet homme de c½ur, d'implication, de dévouement; un homme qui restera à jamais le plus grand supporteur de la Vielle Dame. Cette histoire est celle de Giovanni Agnelli, l'«Avvocato». Il a été et sera toujours le point de référence de la Juventus.

Giovanni Agnelli (plus connu sous le nom de Gianni Agnelli, surnommé l'Avvocato - né à Turin (Italie) le 12 mars 1921 - décédé à Turin le 24 janvier 2003), fut un grand industriel et entrepreneur italien, copropriétaire et dirigeant de la société Fiat.

Fils d'Edoardo Agnelli (1892-1935), fondateur de la station de sport d'hiver de Sestrières, et de Virginia Bourbon del Monte (1899-1945), Gianni Agnelli était le petit-fils du sénateur homonyme Giovanni Agnelli, dont il hérita en 1966 la direction de l'entreprise familiale après une période de « régence » assurée par Vittorio Valletta. C'est justement Valletta, un des derniers fondateurs survivants, qui forma le jeune Gianni à la direction d'une entreprise aussi difficile que stratégique, et qui l'initia particulièrement aux rapports avec le monde politique. Gianni Agnelli sut faire de Fiat la plus grande entreprise italienne, et l'un des principaux constructeurs d'automobiles en Europe ; parallèlement il développa aussi les autres entreprises du groupe, qui comprenait des sociétés présentes dans les secteurs militaires et stratégiques. Agnelli et Fiat étaient identifiés l'un à l'autre dans le sens commun, Agnelli voulait dire Fiat et, surtout, Fiat voulait dire Agnelli.

Pendant la Seconde Guerre mondiale il avait suivi une formation à l'École d'application de cavalerie de Pignerol, dans les environs de Turin, et avait obtenu une licence en droit à l'université de la capitale piémontaise. Il fut enrôlé dans un régiment de chars et envoyé sur le front russe, puis en Afrique du Nord, où il fut blessé. Après l'armistice, il servit d'officier de liaison avec les troupes alliées.

Agnelli ouvrit des usines Fiat dans toutes les parties du monde, de la Russie (à l'époque encore l'Union soviétique) à l'Amérique du Sud et tissa un réseau serré d'alliances et de coentreprises comme, par exemple IVECO) qui marqua un tournant dans les mentalités industrielles de l'époque. Dans les années 1970, pendant la crise pétrolière, il céda à la société Lafico, une société libyenne liée au colonel Kadhafi, une part de 10 % des actions Fiat, qu'il racheta bien des années plus tard.

Ses rapports avec la gauche italienne, spécialement avec le PCI d'Enrico Berlinguer, représentèrent l'essence des relations de l'industrie avec les forces politiques et particulièrement avec les syndicats. Ces derniers subirent une défaite mémorable quand, dans les années 1980, une grève générale qui avait totalement bloqué la production fut brisée par la fameuse « marche des Quarante-mille », d'après le nombre d'ouvriers qui, à un moment donné, retournèrent dans les usines et reprirent le travail. Cette action marqua un tournant et la brutale perte du pouvoir jusqu'alors détenu par les syndicats en Italie, qui n'eurent jamais plus par la suite la même influence sur la société et sur la politique nationale. Il faut rappeler que durant les années de plomb on émit l'hypothèse que des terroristes aient pu s'infiltrer à l'intérieur des syndicats, et à la suite de plusieurs assassinats de dirigeants et de cadres de Fiat (perpétrés par les Brigades rouges, Prima Linea, et les NAP), s'insinua le terrible soupçon que les syndicats pourraient, en quelque sorte, les avoir couverts.

Agnelli fut nommé sénateur à vie en 1991, et il s'inscrivit dans le « Gruppo per le Autonomie » (Groupe pour les Autonomies) ; il participa à la Commission de la défense du Sénat.

Au début des années 2000, Agnelli ouvrit le capital aux Américains de General Motors avec lesquels il établit une entente qui prévoyait l'entrée progressive de capitaux étrangers dans le groupe. La récente crise économique de l'activité automobile du groupe Fiat se produisit alors qu'Agnelli luttait déjà contre le cancer qui devait l'emporter en janvier 2003, et il ne put prendre qu'une faible part aux événements. (Ces accords de participations croisés devinrent caducs fin 2004.)

La figure de Gianni Agnelli fut aussi intimement liée à l'histoire de la Juventus, l'équipe de football de Turin. Ses appels téléphoniques quotidiens à 6 heures du matin adressés au célèbre président Giampiero Boniperti, passés de n'importe quel lieu où Agnelli se trouvait, et quelles que soient les affaires qui l'occupaient, sont restées légendaires.

Dès sa naissance , Gianni est plongé dans les couleurs bianconere. Il a seulement deux ans quand son père, Edoardo, devient président de la Juventus, quatre ans quand l'équipe remporte son premier scudetto, quinze ans quand son grand-père, Giovanni lui aussi, l'appel pour faire partie du Conseil d'Administration. Son amour pour le club était déjà immense et cette déclaration montre tout l'amour que porte l'Avvocato a la Juve : "Les premiers photogrammes d'amour bianconero commencèrent à couler devant mes yeux dans un après-midi de septembre en 1925: mon père m'emmena au terrain , corso Marsiglia, à Turin, où la Juventus s'entraînait. J'avais quatre ans et demi, et il y'eut ainsi le début d'une girandole d'émotions bianconere qui m'accompagnerent toute la vie "

En 1935, son papa décèdera dans un accident d'avion alors qu'il partait en vacances. Gianni entrera officiellement dans la vie de la Juventus, en tant que Président honoraire pendant sept années, de la saison 1947/48 à la saison 1953/54.

« Je suis même ému lorsque je vois la lettre "J" dan un titre de journal » disait-il.

En 1954, Gianni Agnelli cède son poste de Président à son frère, Umberto, et puis à Vittore Catella, Giampiero Boniperti, Luca Montezemolo et Vittorio Chiusano, mais l'Avvocato s'investit néanmoins toujours autant pour la Juventus et reste le premier supporteur.

Il n'a jamais eu peur des mots lors de ses déclarations durant lesquelles l'ironie ne manquait jamais. Des phrases destinées aux plus grands joueurs. Il donnera aussi des surnoms comme à Del Piero qu'il surnommera le « Pinturicchio » (un artiste peintre) pour la beauté des trajectoires de ses coups francs, il l'appellera encore « Cocco di mamma » et après sa grave blessure, « Godot », celui qu'on attend et qui n'arrive jamais, selon une pièce de théâtre de Samuel Beckett. Roberto Baggio fut d'abord appelé « Raffaello », le divin à la queue de cheval, et puis, après un mauvais match en Nazionale, « coniglio bagnato » (lapin mouillé). Il définira Zinedine Zidane, après son départ pour Madrid, comme étant « un joueur plus divertissant qu'utile », Aldo Serena, un attaquant « bravo dalla cintola in su »; et Zibi Boniek un « bello solo di notte », en rapport avec son habitude de ne marquer des buts importants que lors des matchs nocturnes.

Même le grande mafieux Tommaso Buscetta n'échappera à l'ironie de l'Avvocato: « Buscetta a déclaré être un grand tifoso de la Juventus? C'est la seule chose qu'il ne devra pas regretter ». Et encore, sur le metteur en scène des "ultrà" de la Fiorentina, Franco Zeffirelli: « C'est un grand metteur en scène, mais lorsqu'il parle de football, je ne l'écoute même pas ». Et puis sur Boniperti, qu'il souhaitait tellement comme son successeur à la Présidence du club: « Quelle belle période quand je le jetais en bas du lit dès l'aube. Maintenant, je dois le réveiller à quatre heure de l'après-midi ! ». Sur Didier Deschamps: « On dirait un maréchal de Napoléon ». Et enfin, sur Diego Armando Maradona, un joueur qu'il aurait tellement souhaité à la Juventus: « Maradona est le seul joueur qui n'a pas besoin d'un équipe et d'un entraîneur ».

Deux joueurs ont été les vrais « chouchous » de l'Avvocato, des joueurs qu'il a aimé et admiré: l'argentin Omar Sivori et le français Michel Platini, tous les deux énormément désirés par Gianni et deux cadeaux qu'il a fait à sa Juventus tant aimée.

Mais voilà « Sivori est un vice » et le joueur argentin n'était pas d'accord avec les idées pragmatiques et le jeu prolétarien de son entraîneur, Heriberto Herrera. Ce dernier a alors posé un ultimatum « ou il part ou je pars », Agnelli a alors convoqué le joueur, et l'a licencié, très certainement avec beaucoup de regret: « Il sait combien je l'apprécie, mais il ne me laisse pas d'autre choix: Herrera est son supérieur ».

Michel Platini a été la seconde grande passion de Gianni Agnelli, qu'il a ramené personnellement à Turin. Le Président Boniperti fut contraint à céder face au « caprice » et dû se défaire de Liam Brady. Mais Platini a eu difficile durant ses premiers mois en bianconero, et pas seulement à cause de la pubalgie: « Je n'ai pas ramené Platini pour voir Furino jouer à sa place », avait-il déclaré sèchement après un match qui ne lui avait pas beaucoup plu. Et ensuite, Michel est devenu «Le Roi» que l'on connaît tous.

Les deux hommes ont été liés d'un profond sentiment d'amitié. Le jour du dernier match officiel de Platini avec la Juventus en mai 1987, Agnelli a prononcé un hommage poignant pour le Français: « Aujourd'hui est une bien triste journée, a-t-il dit. Un autre pain de nos vies est venu et s'en va. Platini restera dans nos mémoires comme l'un des plus grands joueurs de la Juventus ». Et que dire de la déclaration de Michel Platini après le décès de son Président: « Je perds un bout de mon passé. Je suis atteint d'une grande tristesse qui deviendra de la mélancolie. Il m'a énormément donné, m'enseignant par dessus tout le respect pour la vie ». De Sivori à Platini, plus personne n'aurait su prendre une place dans son c½ur, ni Baggio, ni Zidane, ni même Del Piero; jusqu'au bout, son « amour » pour eux a été sincère et immense.

Même si, ces dernières années, il s'était dit très fier de la réussite de l'écurie de Formule 1 de Ferrari, propriété de la maison Fiat et actuelle championne du monde, Agnelli n'a jamais caché que, pour lui, rien n'arrivait à la hauteur de la Juventus : « Dans mon inconscient, dans les moments difficiles, il y a toujours quelque chose que je veux découvrir, et c'est comment la Juventus a fait pour gagner encore aujourd'hui »

Gianni Agnelli décèdera mais cette histoire ne prendra jamais fin car cet homme est un exemple et une inspiration pour la Vieille Dame qui n'oubliera jamais de rappeler que ce grand Monsieur est en grande partie responsable de la valeur de cette équipe et du style Juve.

Connu aussi par son surnom l'Avvocato (l'avocat), bien qu'il n'ait jamais pratiqué de près ou de loin ce métier, Agnelli reste le personnage le plus important et le plus prestigieux de l'économie italienne, un symbole du capitalisme de la seconde moitié du XXe siècle, et il fut considéré par certains comme le vrai « roi d'Italie ». Homme cultivé, doté d'un sens de l'humour sui generis, il fut probablement l'Italien le plus connu à l'étranger, entretenant des relations suivies avec des banquiers et des hommes politiques au niveau international (dont certains, comme Henry Kissinger, devinrent ses amis personnels). Il fut aussi considéré comme un homme élégant. En 2002 il légua à la ville de Turin un immense patrimoine de tableaux, mettant son extraordinaire pinacothèque à la disposition de ses concitoyens.

Ses nombreux détracteurs soulignent que, dans toutes ses activités, Agnelli aurait principalement favorisé les intérêts de sa famille, et ses propres intérêts personnels, au détriment de l'intérêt collectif, parfois même au détriment de l'intérêt national. La firme Fiat, observe-t-on, a toujours été traitée par le gouvernement italien avec une sorte de révérence institutionnelle, comme si on lui avait attribué une sorte d'immunité légale et fiscale. Agnelli, en outre, fut aussi considéré comme « l'affameur », celui qui continuait à s'enrichir tandis que l'Italie s'appauvrissait. Agnelli ne répondit jamais à ces accusations. L'Italie est devenue la sixième puissance mondiale.

Son neveu, Giovanni Agnelli, dit « Giovannino », fils de son frère Umberto, qui était appelé à prendre la tête de Fiat, mourut brutalement d'un cancer foudroyant à l'âge de 33 ans en 1997. Son fils Edoardo, qui vécut une existence marginale, s'est suicidé le 15 novembre 2000. C'est désormais son petit-fils, John Elkann dit « Jaki », deuxième des huit enfants de Margherita Agnelli, fille de l'Avvocato, qui est considéré comme son plus probable successeur à terme.






# Posté le jeudi 05 juillet 2007 12:47
Modifié le vendredi 06 juillet 2007 11:03